Qui suis-je ?

Il y a dix ans, j'ai commencé à peindre presque par hasard, dans une démarche d'art-thérapie.

J'avais un trop-plein d'émotions piégées en moi, que je ne parvenais pas à libérer par l'écriture seule. J'ai donc commencé à peindre, par curiosité, par nécessité, dans une approche corporelle de l'émotion qu'on ne m'avait jamais apprise auparavant. J'ai découvert de nouveaux visages à ma tristesse, ma dépression, ma colère. Ma joie, aussi, la sérénité et le soulagement qui ont émergé de ces séances de création libre.

La pratique de l'abstrait m'a permis de me connecter à mes émotions à un niveau profond, sans réfléchir, sans contrôler, contrairement à ce dont j'avais pris l'habitude très tôt dans ma vie. Toujours poursuivie par la peur que ce soit « trop ». Que je sois « trop ».

A ces moments thérapeutiques s'est progressivement ajouté un plaisir sincère du geste, du mouvement, et de la surprise du mélange des couleurs et des formes... informelles.

L'image représente un panneau de bois qui est le support de peinture de l'artiste. Sont également visible des couteaux à peindre, un pinceau en silicone, et une palette. C'est une photographie en provenance de l'atelier de l'artiste peintre Maeva J.

Peinture sur bois

J'ai été rapidement frustrée par le support de la toile, celle-ci trop souple à mon goût.

J'ai découvert la peinture sur bois, parfaite pour ma pratique au couteau, mes gestes dynamiques, parfois violents.

Au fil de mes explorations, j'ai découvert une réelle passion pour l'art de la peinture, pour la maîtrise technique qu'elle demande, tout en offrant une liberté infinie de création.

Les bénéfices thérapeutiques de ma pratique n'ont fait que progresser à mesure que j'ai appris à explorer mon intériorité au-delà des mots, du verbe. J'ai réinventé une manière d'être à moi-même, et j'ai découvert que je pouvais transformer mes états émotionnels inconfortables en véritable beauté.

Avec joie, j'ai également découvert que mes émotions déposées sur la toile (ou plutôt sur le bois) se transmettaient à l'autre, pouvaient émouvoir, troubler, parfois même faire pleurer.

Mon honnêteté la plus brute a été la plus libératrice, et j'espère à chaque tableau que cette sincérité saura atteindre une âme et, peut-être, l'aider à se libérer elle-même de quelque chose d'emprisonné trop longtemps.

L'image représente une feuille blanche avec un pinceau et une plume pour encre de Chine, ainsi qu'une rangée de flacon d'encres de couleur. C'est une photographie en provenance de l'atelier de l'artiste peintre Maeva J.

Peinture à l'encre

A mi-chemin entre la peinture et le dessin, l'encre m'a ouvert une nouvelle porte, une expression plus simple, plus légère, de mes émotions telles que la joie, la sérénité, et l'émerveillement.

Je la pratique souvent le matin, au réveil, face au soleil levant.

Que ce soit la peinture à l'huile ou à l'encre, ou que ce soit l'écriture, toutes mes pratiques artistiques sont une expérience profondément libératrice pour moi. J'ai appris très tôt à me taire, à cacher, et j'en ai payé le prix dans mon adolescence et au début de ma vie d'adulte, et je souffre aujourd'hui de dépression chronique.

Pour moi, créer n'est pas une « porte de sortie », ni même une échappée, une aventure vers un ailleurs rêvé. Créer est une nécessité, un acte d'amour envers moi-même, et de bienveillance, même... et surtout lorsque l'émotion que j'exprime est le désespoir ou la colère.

L'art a ouvert en moi des portes que j'avais résolument condamnées, et m'a permis une réconciliation avec moi-même que je n'aurais jamais imaginée possible, à une époque.

Dans l'espoir que mon art vous apporte ce dont vous aviez peut-être besoin,

Je vous remercie